Deux ans après le Mavic Pro, DJI dégaine ses remplaçants: le Mavic 2 Pro embarque une nouvelle caméra 1 pouce tandis que la version Zoom conserve l’ancien capteur mais se voit dotée d’une focale variable optique X2. Mais les nouveautés sont loin de s’arrêter là: capteurs dans tous les sens, modes automatisés, changement de codec…Le tout pour un prix en nette hausse.

On l’attendait presque comme le messie. Et on s’attendait aussi à être un peu déçus tant le constructeur, à force de nouveaux modèles, pouvait échouer à surprendre. Las, DJI fait encore très fort en sortant de son escarcelle deux drones qui regroupent à eux seuls, ce qui se fait de mieux pour filmer en volant. Le tout, en conservant le concept du repliable qui a fait le succès du Mavic premier du nom.mavic-pro-2-03

Mavic 2 Pro: une vraie caméra, ouverture manuelle, 100 Mbps, H265…

Les déjà rares défauts que l’on pouvait reprocher au Mavic Pro sont tous corrigés. Le 2 Pro dispose d’une vraie caméra de 1 pouces (signée Hasselblad, très proche du constructeur chinois). Mais en plus l’ouverture (comme tous les autres paramètres) sont contrôlables manuellement: l’iris est réglable de f/2.8 à f/11. Ce n’est pas fini. Cette caméra sait filmer en 10 bits HDR et surtout, le codec passe de 60 mbps en H264 à 100 Mbps en H265, ceci pour garantir la fin des artefacts de compression sur les images complexes. On dispose aussi d’un D-Log pour filmer en Flat. La nacelle 3 axes est enfin renforcée et elle est prévue pour accueillir nativement les filtres ND.

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Le système de filtre ND se bloque par un quart-de tour.

Le retour vidéo passe en 1080P contre 720P avant (jusqu’à 8 Km de distance!).
La machine est aussi équipée de capteurs anti-collision sur toutes les faces, ce qui permet au 2 Pro d’anticiper les obstacles mais aussi de prédire une trajectoire quand il est en mode de suivi automatique (Active Track). Auparavant, il fallait un champ bien dégagé et contrasté pour que ça marche. Surtout, il ne fallait disparaitre du cadre derrière un obstacle sans quoi, le Mavic vous perdait.

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On voit ici la différence de taille de capteur entre l’ancien Mavic Pro et le 2 Pro

Revers de la médaille, le Pro 2 pèse maintenant 907 grammes et coûtent surtout près de 1500 euros. Du coup, en France, et même en utilisation « Loisirs », il faudra passer le nouvel examen en ligne pour avoir le droit de s’en servir, la limite étant de 800 grammes sans licence.

Mavic Zoom: dédié à l’animalier… Ou aux paparazzis!

La version Zoom quant à elle, est vendue moins cher (environ 1200 euros). Elle est cependant un peu moins attrayante selon nous, dans la mesure où on conserve la taille de l’ancien capteur de 1/2,3 » (on ignore si c’est le même). En revanche, on bénéficie d’un zoom X2 (optique 24-48mm) et X4 sans perte, si on tourne en HD (crop de la 4K) ainsi que d’un autofocus à détection de phase.

DJI a aussi ajouté un mode « Dolly Zoom », cet effet qui fait que le drone se rapproche d’un sujet tout en dézoomant pour donner un effet d’arrière plan mouvant. Un autre mode « super résolution » prend 9 clichés et les assemble automatiquement pour obtenir une image de 48 Millions de pixels. Ce drone est donc à privilégier pour l’animalier peut-être, ou pour la prise de vue de bâtiments dont on ne peut s’approcher.

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Les différences entre le Mavic Pro 2 et la version Zoom

Et pour le reste?

Encore une fois et au-delà des innovations purement techniques, DJI a mis le paquet sur les modes de vol automatisés et s’est attaché à encore améliorer l’ensemble du package. On retiendra:

  • 6 capteurs (tous les angles sont couverts, y compris au-dessus): on ne craint plus les obstacles en volant en arrière ou en in-door. Attention cependant, quelques modes de vol désactivent certains capteurs.
  • DJI ajoute aussi des lumières (LED) au-dessous pour qu’en cas de faible luminosité, pour que le drone sache identifier son endroit atterrissage.
  • Le mode « Tripod » très utile en cinéma (le drone est bridé dans tous les sens pour faire des mouvements lents et cinématique) est accessible directement depuis la télécommande (et pas seulement l’appli).
  • L’hyperlapse: le drone génère automatiquement cet effet suivant un parcours prédéfini par l’utilisateur (tout est paramétrable). Il en va de même pour la fonction Way-points qui passe en 2.0: on configure le vol sur une carte et Mavic suivra le parcours.
  • L’Active Track est prédictif en fonction des trajectoires: utiles pour filmer des automobiles sur un circuit par exemple.
  • On trouve des tonnes de mouvement de caméra pré-configurés (Orbit, Thiny-Planet, Course Lock… etc.)
  • L’autonomie est d’environ 30 minutes.

Alors, ça vaut le coup?

Soyons honnêtes, DJI propose à peu près ce qui se fait de mieux pour faire du cinéma aérien « accessible ». Remplacer le premier Mavic n’était pas chose aisée, mais les améliorations apportées justifient l’enthousiasme. Alors, que reprocher? Peut être l’absence de 4K/60P? L’augmentation du prix? Certes, si vous êtes possesseur d’un Mavic premier du nom, l’upgrade n’est pas forcément nécessaire. Mais la version 2 Pro offre une qualité d’image nettement supérieure et des fonctions qui sécurisent et automatisent toutes les prises de vue. On va pouvoir désormais facilement « matcher » les images du drone avec celles de « vraies » caméras comme des EVA1.

La page officielle du Mavic 2 Pro

…Et une prise en main du drone, en français par Steven.