L’élément principal pour produire des films qualitatifs, c’est ce qu’on appelle l’exposition. Il est important de comprendre ce qu’est une « bonne exposition » , pour éviter les images « cramées », « sur-ex » ou « sous-ex ». Contrairement aux idées reçues, tout n’est pas rattrapable en post-production.

Pour cela, limitons d’abord le concept à deux points :

L’exposition, c’est la quantité de lumière atteignant le capteur, et ce, pendant une certaine durée.

le concept vient bien sûr de l’argentique, puisque plus on laissait la pellicule photo-sensible « exposée » à la lumière, plus elle noircissait et plus votre image allait devenir blanche (le film étant un négatif. L’art d’obtenir une bonne exposition est donc celui de contrôler cette quantité de lumière.
Pas assez de lumière? Vous aurez une image bruitée, plate et avec du grain. Trop de lumière? Vous obtiendrez une image délavée et agressive. Dans les deux cas, vous aurez perdu un grand nombre d’informations sur l’image que vous avez enregistrée.

Pour contrôler l’exposition, 4 outils: l’ouverture, le vitesse d’obturation, le filtre neutre (ND) et le Gain (ISO)

1. Le plus important est l’ouverture de l’optique (ou « iris »). C’est un cercle dans l’optique, de taille variable, à travers lequel la lumière passe. La taille de l’ouverture est connue sous la valeur « f ». Paradoxalement, plus cette valeur f est basse plus le trou est grand (comme dans f/2.0 par exemple), laissant passer beaucoup de lumière. A l’inverse, plus le trou est petit et plus la valeur f est élevée (par exemple f/11), laissant passer peu de lumière. C’est ce qu’on appelle le diaphragme en photographie. L’ouverture a aussi une incidence sur la profondeur de champ. Plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est réduite, c’est à dire que la zone où le sujet est au point est restreinte. Les optiques n’ont aussi pas les mêmes performances à toutes les ouvertures: elles peuvent perdre du piqué, produire des aberrations chromatiques… C’est en général de f/2 à f/5.6 que les performances sont les meilleures. De plus, on peut ajouter qu’entre deux valeurs de diaphragme (stop en anglais), la quantité de lumière qui atteint le capteur est doublée ou divisée par deux. Exemple: en f/1.4 et f/2.0, il y aura deux fois moins de lumière à f/2.0.

2. La vitesse de l’obturateur (shutter speed) contrôle la durée pendant laquelle la lumière est autorisée à entrer dans l’optique. Plus le shutter et lent, plus la lumière « reste » (et rentre en quantité si l’on peut dire), mais plus un sujet mobile sera flou, car il est de moins en moins « figé ». Pour extrapoler, si vous laissé votre shutter sur 1 seconde, imaginez ce qu’un sujet mobile pourra faire à l’image pendant ce laps de temps… On verra apparaitre donc les trainées de tous ses mouvements.

vitesse d'obturation comparée

Attention, en film (et pas en photo), on va très peu jouer sur ce paramètre car il affecte le rendu de l’image. En effet, imaginons que vous ayez beaucoup de lumière, mais que vous vouliez garder une grande ouverture (pour avoir un joli flou artistique derrière le sujet). Vous allez donc être tenté d’augmenter le shutter (1/200ème par exemple) pour éviter de cramer vos images: vous risquez d’obtenir une image qui scintille, et un rendu très « clinique » (tous les mouvements sont ultra nets). La règle donc à appliquer en général est celle des 180d (degrés). C’est à dire, utiliser un shutter fixé au double de votre cadence d’enregistrement: exemple, vous tournez en 4K/25P, votre shutter sera au 1/50ème (2×25), soit 180°. Pourquoi cette règle? Parce qu’elle c’est celle qui combine le mieux précision de l’image et flou relatif des mouvements rapides pour un rendu esthétique. Alors, que faire pour avoir une image bien exposée avec une grande ouverture et sans toucher au shutter?

3. C’est ici qu’intervient le filtre à densité neutre (ND). source - WikipediaC’est est un peu comme une paire de lunettes de soleil mais sans effet secondaire (changement de couleurs, polarisation, etc). Ils sont utilisés dans les situations très lumineuses comme lors d’une journée très ensoleillée. Ce filtre (qui est fixe, par pallier, ou variable), va donc permettre de compenser la surexposition sans toucher ni à l’ouverture, ni au shutter. Une EVA1 dispose de 3 filtres ND intégrés par exemple. C’est un accessoire indispensable quand il n’est pas directement intégré à la caméra.

 

4. Le Gain ou les ISO. le double-iso natif de PanasonicNous voici dans la situation inverse. Que faire quand on est « ouvert » à fond, sans filtre ND et que l’image est sous-exposée? La seule manière est alors d’utiliser une amplification électrique du signal derrière le capteur. En « boostant » le signal, on arrive à compenser le manque de lumière. Mais cela a un prix: l’ajout de bruit à l’image (ce fourmillement assez peu esthétique).  C’est pourquoi Panasonic a inventé le double ISO natif afin restreindre ce bruit à l’image.

C’est en jouant sur ces 4 paramètres (ou plutôt 3 si on ne touche pas au shutter), que vous obtiendrez une bonne exposition.