DJI, le géant du drone, mais aussi l’inventeur du Ronin, lance -enfin- le Ronin-S. Cette version S est la première de la marque « à une main » (Pistol grip en anglais). Et, bonne surprise son prix: 749 euros alors que les rumeurs lors du dernier NAB de Las vegas, indiquaient simplement « moins de 1000 $ ».

Le géant chinois va-t-il écraser la concurrence comme il a l’habitude de le faire?

Pas sûr: les Zhiyun Crane 2 (et V2), Moza Air et autres Came TV ou Pilotfly sont solidement installés et éprouvés. Ils sont aussi moins chers. Alors où le Ronin S se distingue-t-il? Selon nous:
– Tout d’abord par sa charge maximale : 3,6 Kg ce qui permet de monter une EVA1 équipée par exemple.
– Sa molette de Focus Pulling: le Crane 2 en a une aussi, mais elle est pour l’heure compatible uniquement avec Canon. Celle du Ronin S permet de contrôler le focus des GH5 et GH5S (avec optique Lumix).
– La qualité de fabrication: DJI a l’habitude de livrer des produits très durables dans le temps, et ce même si les concurrents n’ont pas à rougir de ce côté là.
– L’axe du Roll à 45° qui dégage la vue sur l’écran LCD des DSLR et autre Mirrorless. Pilotfly a été le premier à le proposer lui aussi.
– La compatibilité avec une multitude d’accessoires de l’ecosystème DJI. Exemple: un moteur de Follow Focus peut être ajouté directement sur la nacelle pour contrôler les optiques manuelles ou les Prime. Ce moteur est piloté par la molette de la nacelle, ou aussi par une accessoire distant pour libérer l’opérateur.
DJI propose aussi des tonnes d’options (retour vidéo sans fil, contrôle de la nacelle par radiocommande etc…). Bref cet écosystème permet d’envisager toutes les configurations: la poignée étant détachable, on peut par exemple envisager de monter le Ronin-S sur le capot d’une voiture etc.

La vraie nouveauté: les modes automatiques et créatifs.

Si les points mis en avant sont séduisants, ils sont aussi souvent disponibles chez la concurrence, ou en tout cas, ils ne constituent pas de révolution. En revanche, ce qui me séduit en lisant les specs, c’est surtout les modes introduits par DJI. A commencer par le « PUSH Mode ». Ce mode permet deux choses: soit d’orienter la caméra à la main pour choisir un angle précis alors que le Ronin-S est en marche (si vous tentez ça sur d’autre modèles, la nacelle force pour revenir à son point de départ), soit elle permet d’équilibrer votre caméra avec l’aide des moteurs plutôt que de la voir tournicoter dans tous les sens avant de trouver le centre de gravité.
On trouve aussi les traditionnels Panorama et Time-lapse mais aussi le Motion Lapse: l’idée est ici de mémoriser jusqu’à 10 positions (comme des way-points pour un drone) et de choisir et de laisser la caméra passer de l’un à l’autre tout en douceur. Regarder la vidéo de DJI afin de voir ces différents modes:

Je considère personnellement que pour se distinguer dans le monde des stabilisateurs, tout passe désormais par l’application dédiée et l’accessorisation (contrôle du focus, modularité…). Pour les autres spécifications, tout le monde fait presque jeu égal (des heures d’autonomie, excellente qualité de stabilisation etc…)Un RONIN-S, lui, peut être monté sur une grue, piloté à distance, équipé en sans-fil… Et c’est sa principale force. En revanche, il y a pour moi un très gros point noir que partage d’ailleurs le Crane 2: le poids. Avec plus de 1,8Kg sur la balance « nu », on se retrouve très vite à devoir porter à bout de bras 3 ou 4 kilos pour peu que l’on mette une grosse optique et un moniteur. A moins d’être haltérophile, on ne peut pas tourner des heures comme ça.

[UPDATE]
Suivant les premiers tests que l’on a pu trouver sur Youtube, il se confirme que le Ronin-S est effectivement une excellente machine.

  • – Son trépied de maintien sert aussi à le tenir à deux mains pour soulager son poids.
  • – La plaque d’attache rapide fournie de type Manfrotto, ira sur un trépied de la marque mais une plaque Manfrotto n’ira pas sur le Ronin-S.
  • – La stabilisation est excellente est encaisse particulièrement les accélérations à bord de véhicules par exemple
  • – La batterie n’est pas interchangeable: il faut pour cela acheter une nouvelle poignée. Mais, du coup, une fois démontée, la machine occupe très peu de place.
  • – La manipulation pour passer en mode « low » (renversé pour être au ras du sol), n’est pas naturelle, il faut débrayer les moteurs.

Pour plus d’informations, je vous renvoie vers le test d’Olivier Schmitt, en français, ultra complet.