La question des débits de données se pose dès lors que l’on s’intéresse au choix des médias d’enregistrement ou de stockage pour le montage. Les caméras offrent toutes, des formats d’enregistrement qui nécessitent tel ou tel débit.

Exemple, une EVA1 peut avoir besoin de 400 Mbps si l’on sélectionne le codec ALL-I. Le débit, c’est donc la quantité de données écrites et exprimée généralement quand on parle des Codec, en Mb/s (megabits par seconde) ou Mbps. Oui mais voilà. il y a deux unités qui prêtent à confusion, et particulièrement en français.
Un bit, c’est un 0 ou un 1 (en donnée binaire, donc). Et il ne faut surtout pas le confondre avec les Bytes (avec un B majuscule) qui, en anglais, représentent les « octets » en français, soit une chaine de 8 bits! Vous suivez? Plus clairement un Byte ou un Octet, c’est 8 bits.
Le problème vient du fait que les caméras indiquent le débit nécessaire en Mbps ou Mb/s (donc des bits), alors que les cartes mémoire le donnent très souvent des MB/S ou Mo/S, donc des Mega-Bytes ou Mega-Octets.

Autrement dit, pour s’y retrouver, une carte donnée à 95 MB/s (ou 95 Mo/s) en écriture est théoriquement capable de supporter 95 x 8 =  760 Mbps…

A l’inverse, une caméra qui demande 150 Mbps de débit, aura donc besoin de 150 / 8 = 18.75 MB/s ou Mo/s. Cependant, pour corser le tout, les fabricants de carte ne précisent pas tous si le débit donné est en lecture ou en écriture. Pour être sûr de son coup, il faut donc prendre une marge de manœuvre de 50% de plus. Si j’ai besoin de 150 Mbps sur ma caméra, je vais choisir une carte qui écrit à 18,75 MB/s + la marge, donc, allez pour arrondir, 30 MB/s.

Les Vxx pour simplifier le tout?

Pour s’affranchir de toutes ces problématiques (les performances ne sont pas les mêmes en lecture et en écriture par exemple) et pour simplifier les normes et autres formats (UHS, SDXC etc… ), les constructeurs ont donc décidé de tout simplifier avec la notion « Vxx ». Autrement dit, une carte V30 sait lire et écrire à 30 Mo/s (ou 30MB/s) de manière GARANTIE, idem avec les V60 (60 MB/s) et V90 (90 MB/s). Ce qui ne vous affranchit pas de faire cette conversion mentale entre le débit du Codec utilisé par la caméra, et la carte sélectionnée. Panasonic indique cependant désormais clairement quel « Vxx » est nécessaire à l’utilisation de ses caméras dans tel ou tel mode. Attention cependant, la norme Vxx est encore récente et on constate encore des incompatibilités entre telle caméra et tel fabricant. Et là, encore, dans la mesure du possible, prenez toujours de la marge, tant que la norme n’est pas totalement adoptée par tous les acteurs du marché.

Pour vous aider à vous repérer dans toutes ces histoires, voilà un tableau qui montre assez bien les différentes classes de vitesse:

Et l’UHS, dans tout ça?

L’UHS classifié en I, II ou III, c’est la vitesse théorique maximale du bus de la carte SD (autrement dit, pour faire simple, l’interface entre la mémoire et la communication externe). Cette vitesse maximale varie de 12,5 à 104 MB/s pour UHS-I et jusqu’à 624-MB/s pour UHS III. Pour corser le tout, l’UHS se voit aussi doté de classes de vitesses baptisées « U1 ou U3 »: on peut donc voir des UHS-I U3 par exemple. Le U3 signifie une vitesse -là encore- « garantie » de 30 Mo/s, le U1 étant de 10 Mo/s. Alors faut-il à tout prix prendre des classes UHS-III comme on le lit sur les forums? Pas le moins du monde. Sachez que l’immense majorité des caméras ont des emplacements de cartes mémoires cantonnées à UHSII. Ce qui pour l’heure est amplement suffisant: la vitesse maximale du bus UHS-II étant de 312 MB/s, celà nous donne 312 x 8 = 2496 Mb/s…. On peut donc affirmer que pour la majorité des besoins les UHS-1 U3, sont très suffisantes.

Le futur ?

Le voilà, avec l’annonce des nouvelles cartes SD Express. On en reparlera:

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