Les transitions réalisées au tournage, c’est en fait anticiper deux plans successifs, et faire en sorte qu’ils se raccordent sans post-production (ou presque). A la clé, l’impression que la caméra a pu se transporter à deux endroits différents sans coupe. On a sélectionné ici 9 transitions faciles à faire « in camera ». Explications.

1- Les principes

Les exemples les plus communs de transitions « In camera » (au tournage), vous les connaissez sans doute: vous suivez un sujet, puis en fin de plan vous effectuez un tilt vers le ciel. vous changez d’endroit et vous commencez votre plan depuis le ciel et vous reprenez votre sujet… Qui a changé d’endroit. Pourquoi le ciel? Parce qu’il va donner une image bleue-blanche et que quand vous allez changer d’endroit, vous reprendrez ce bleu-blanc quasi identique, ce qui va donner l’impression qu’il n’y aucune coupe et que c’est donc de la magie.

Autre exemple, le fait que la camera traverse un mur (ou un objet) en travelling latéral pour suivre un sujet (dans un appartement, d’une pièce à l’autre par exemple). L’idée est ici de se servir du noir. Quand la caméra arrive au mur, on s’attend naturellement à passer au noir. Du coup, la combine consiste à se servir de l’opacité supposée de l’objet (en ajoutant du noir devant l’objectif par exemple) et à reprendre le même mouvement de l’autre côté (en enlevant le cache noir très rapidement). La clé aussi, c’est la rapidité du mouvement et sa continuité (dans quoi un fondu au noir suffirait), pour cacher les défauts. Dans l’exemple ci-dessous, ici de la série Sherlock, on voit précisément cette technique (améliorée par un masque en post-production) et baptisée « pass-by ».

  • le secret est donc toujours d’avoir une continuité du mouvement d’un plan à l’autre (de la caméra et de son sujet).
  • D’utiliser n’importe quel élément de décor comme source de la transition (le ciel, le mur, l’objet, un poteau).
2- Un peu de fun dans cet exemple

Dans cette vidéo de PremiumBeat, l’auteur à décidé de détourner l’utilisation de transitions in-camera pour réaliser des exemples plutôt rigolos: un clonage de personnage, un départ de course façon super héro, et un lancer de couteau. On vous laisse regarder. Même si c’est en anglais, vous allez comprendre et on vous explique après.

L’auteur utilise toujours le même mouvement ultra-rapide: un panoramique à la main (qu’il serait mieux de faire au trépied…) :

  • Le premier plan fixe le sujet, puis fait un panoramique vers la droite très rapide avec un shutter bas pour provoquer du flou de mouvement (1/50ème/180°) (voir notre article sur l’exposition.)  
  • Le second plan reprend le même panoramique, mais dont l’angle est inversé.
  • Au montage, il suffit de raccorder les deux plans pendant les deux panoramiques avec un fondu tout bête.
  • Pour la dernière scène du « couteau », comme le personnage ne va pas réellement saisir un couteau en plein vol, l’auteur utilise la ruse suivante. Le premier plan est identique aux autres (panoramique qui fait un gauche droite pendant le lancer du couteau). Le second plan est tourné à l’envers. Le clone est en position finale (couteau rattrapé) et le lance vers la gauche. La panoramique est un droite-gauche. Au montage, il suffit d’inverser la lecture du plan et le tour est joué.
3- La compilation plus classique

Dans cette vidéo Mango Street, montre tous les principes énoncés plus haut dans une compilation de 6 transitions « In camera ». Le visionnage suffit amplement à expliquer les techniques classiques.

4- Pour conclure

Vous l’avez vu, le principe ne varie jamais: un type de mouvement sur 2-3-4 plans et un élément de décor quel qu’il soit, pour masquer le raccord. Le perfection vient de la qualité du mouvement, de la synchronisation de la scène et de la précision de raccord au montage. N’hésitez pas à refaire plusieurs prises pour obtenir cette perfection du mouvement. Regardez aussi autour de vous, il y a toujours un élément de décor à utiliser, y compris le sol… Présent partout!